Responsable de l’atelier de menuiserie de l’École régionale
des Beaux-Arts, Christophe Turgis a intégré pour quelques semaines l’équipe
chargée de restaurer le Marité.
Accueilli par les spécialistes du chantier naval Bernard de Saint Vaast la Hougue,
Christophe Turgis a posé son sac à Cherbourg. Ce passionné aide à la restauration
de la charpente du Terre-neuvas rouennais. Une belle occasion de s’initier aux
techniques de construction navale, et un évènement dans la carrière du municipal
recruté à Rouen en 1987. Christophe le confesse, «bien des menuisiers aimeraient
concrétiser ce rêve. Ce stage est une chance exceptionnelle que m’offre la mairie,
mais surtout unique, puisque le Marité est le dernier trois mâts en bois».
Et l’homme connaît son affaire. Diplômé dans de nombreuses disciplines des métiers
du bois - deux CAP, un brevet de maîtrise, spécialiste en «escalier limon courbe»,
Bac et BTS en Ameublement et développement industriel - sa démarche relève de
la soif de connaissance et de la volonté de participer à une belle aventure
humaine.
«Cette entreprise concoure à la sauvegarde
d’un monument historique et ancrera dans l’histoire tout un pan de la culture normande et maritime. Ce
cousinage entre menuisiers m’aide à mieux connaître les origines de mon métier et les techniques ancestrales
de la maîtrise du bois». Pour ce mousse, être charpentier naval requiert patience et haute précision
et implique un réel courage à affronter la tâche.
«Dans la forme Napoléon, j’évolue dans un espace de formation grandeur nature où l’on travaille sur des situations concrètes. Ici, pas d’évocation mais du
savoir-faire, on est dans le vif du sujet. Les choses se font sans mise en scène, les relations entre les hommes
sont à cette image».
Un émissaire symbolique et une présence chargée de sens pour la mairie de Rouen, commanditaire de la restauration et bienfaitrice
du dernier grand morutier français !