Dès le XVème siècle, les marins européens ont pratiqué la pêche sur les bancs de Terre-Neuve et la France y joua un rôle prépondérant.
Rapidement la morue devient une denrée essentielle en Europe, l’église imposant 150 jours maigres chaque année. De plus la morue, salée ou séchée est à l’époque l’un des rares produits alimentaires pouvant se conserver et se transporter facilement.
Pendant plus de 4 siècles, des milliers de marins français ont embarqué pour des campagnes de pêche sur les bancs et cette activité a profondément marqué les familles et les populations littorales, de Dunkerque à la Bidassoa. Il s’agit de la plus grande aventure maritime de tous les temps avec plus de 10500 personnes chaque année, embarquées sur près de 500 navires jaugeant de 300 à 500 tonneaux chacun!
Au printemps, après plus de 35 jours de traversée,
commençait l’éprouvante et souvent cruelle période de pêche.
Tous les soirs vers 18h, les Doris quittaient les bateaux, avec deux hommes à bord, mouillaient et appâtaient la morue avec des bulots.
Dès 4heures du matin, les lignes étaient levées, les morues embarquées et comptées, et les pêcheurs payés à la part.
Retour difficile et parfois en équipe restreinte, la pêche à la morue étant une activité dangereuse : après la pêche, les Doris souvent ne retrouvaient pas leur navire et disparaissaient dans la brume avec leurs hommes. La morue primait sur les hommes, c’est elle qui avait droit aux soins les plus minutieux à bord... Pour les hommes c’était « marche ou crève » sur les bancs de Terre-Neuve.
Tous ces navires terre-neuvas ont aujourd’hui disparu ... sauf un : le Marité.